Moulin de Bourscheid

Résumé du livre « Les moulins du Grand-Duché de Luxembourg » d’Emile Erpelding

Les familles de Bourscheid et de Metternich

En 1429, Gotthard van Brandenburg autorise Bernhard de Bourscheid à ériger un barrage à hauteur du moulin (au lieu-dit « Bei der aler Millen ») sur la Sûre. Dès 1529, les exploitants s’engagent, à la demande du seigneur de Bourscheid et de son épouse Marguerite d’Autel, à céder une partie du seigle moulu au seigneur de Brandebourg en remerciement pour l’exploitation du moulin. 

Une partie du moulin est vendue à Karl et Dietrich de Metternich en 1565. En 1714, Freihern de Metternich et son épouse font construire un nouveau moulin. La façade affiche d’ailleurs encore leur blason et l’année de construction. 

Les villageois prennent soin du moulin 

A partir de 1760, les habitants des localités de Bourscheid, Michelau, Bürden et Hoscheid sont étroitement impliqués dans les travaux d'entretien du moulin. Ils veillent notamment à son bon fonctionnement, ainsi qu'à celui du barrage et des écluses. 

Le moulin devient propriété de la famille Kremer

En 1812, Frédéric Kremer, un laboureur d’Alscheid, rachète le bâtiment qu’il afferme, avec son beau-père Bernard Mathieu, à Johann Hirsch de Michelau. En 1824, Pierre Mersch, le deuxième époux de Marie Mathieu, devient le nouveau propriétaire des lieux. Trois ans plus tard, Nicolas Kremer, le fils de Frédéric Kremer, rénove le moulin. En 1854, il déplace le barrage du moulin à environ 600 mètres en amont du moulin. Nicolas Kremer épouse d’abord Maria Mersch de Bourscheid, puis Josephine Welter de Buschrodt. Martin Kremer, son fils issu de son deuxième mariage, épouse, quant à lui, Marguerite Winandy de Welscheid en 1893. 

Un hôtel voit le jour à côté du moulin

En 1895, un nouveau pont est aménagé au-dessus de la Sûre, juste à côté du moulin. En 1929, l’hôtel « du Moulin » est construit à côté du pont et la production de farine est définitivement abandonnée. Entre 1944 et 1945, pendant l’Offensive des Ardennes, 18 personnes trouvent refuge à l'hôtel pour échapper à l'occupant nazi. Les Allemands détruisent finalement le pont en 1945. Les propriétaires actuels sont monsieur et madame Aloyse Kremer – Schmit. Madame Kremer vit d’ailleurs toujours dans l’ancien hôtel. Charles Kremer gère actuellement le nouvel hôtel du Moulin.

Evolutions touristiques du moulin de Bourscheid.

De la production de farine à l’exploitation hôtelière 

Après la Première Guerre mondiale, le moulin est donc aménagé en petite auberge. Jusqu’en 1929, les propriétaires se concentrent principalement sur la production de farine. Mais les circonstances économiques les poussent à interrompre leurs activités. Les propriétaires se tournent alors intensivement vers l’exploitation de l’hôtel. 

Naissance du nouvel hôtel du Moulin

De plus en plus de touristes découvrent ce magnifique écrin de verdure au cœur de la vallée de la Sûre. Les touristes viennent en masse vers les Ardennes luxembourgeoises. Ils profitent à Bourscheid des délices gastronomiques et des splendides paysages sur les rives de la Sûre. La famille Kremer décide dès lors de poser la première pierre du nouvel hôtel du Moulin, à une centaine de mètres du moulin. Les propriétaires installent également plusieurs cabines à proximité du barrage pour permettre aux touristes de profiter pleinement des joies d’un petit plongeon dans la Sûre. 

Arrivée du camping 

Monsieur Aloyse Kremer épouse Barbe Schmit de Michelau en 1946. Ils ont ensemble deux fils, Alex et Georges, et une fille, Marie-Jeanne. Aloyse Kremer, propriétaire actuel du moulin et d’une partie des prés le long de la Sûre, trouve vite un nouveau filon : le camping touristique. Il construit donc le camping du Moulin à la fin des années cinquante. En 1967, l'ancien ministre Henri Cravette élit le centre de vacances camping de première classe. 

Les générations suivantes assurent la relève 

Dans les années soixante, le camping remporte un tel succès qu’Aloyse Kremer ne parvient plus à répondre à la demande. Il décide donc d’aménager un autre camping, nommé um Gritt, de l'autre côté du moulin. En 1977, Aloyse Kremer remet les deux campings à ses enfants. Aujourd’hui encore, Marie-Jeanne gère l’um Gritt et Georges le camping du Moulin. Le fils aîné, Alex, a suivi une autre voie : il est aujourd’hui directeur général des Chemins de fer luxembourgeois.